Petit essai sur le Burn-Out
- Phoebe

- 19 sept. 2020
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 août 2025

Tu ne sais pas comment tu es en arrivé.e là. Tu culpabilises, tu as honte, tu as limite peur de toi-même tellement tu ne te reconnais pas. Tout est incertain, tu te sens si instable, à fleur de peau, fragile, épuisé.e. T’as perdu tes repères, t’as l’impression d’avoir tout perdu, t’as l’impression d’avoir regressé, que tu es un véritable échec, condamné.e... Tu es absolument à bout, dans tous les sens du terme.
Tu es en colère contre le monde, la société; tout ce qui t’a poussé, consciemment ou pas à te retrouver dans cet état lamentable. Tu es surtout en colère contre toi-même; tu te croyais plus fort.e que ça, plus résilient.e, plus “intouchable”. Mais non. Tu es juste un humain après tout… ne laissons pas toutes ces injonctions de la “réussite” prendre le dessus.
Le Burn-out et la maladie psychique ne discriminent pas, bien que ça n’arrive pas à tout le monde. Et d’ailleurs, plus on lutte, plus on essaie de faire face, qu’on multiplie nos efforts, nos engagements, notre quête d’excellence, de perfection et de réussite et plus on tombe bas… C’est paradoxal mais vrai j'ai remarqué.
Nous sentons ensuite que nos ressources sont complètement épuisées, même si elles peuvent et elles vont revenir. On se sent si faible, lent.e, sans dynamisme, victime. On se sent véritablement impuissant.e et cela nous agaçe et nous frustre au plus haut point, on peut même se montrer agressif/ve, on est dans la déstruction, la lutte… on a été si malmené.e que nous voudrions justice, que cette détresse disparaisse, qu’on “redevienne nous-mêmes”. “Ce n’est pas juste” on se répète, “pourquoi moi” ?…
Parce que déjà, le burn-out n’épargne personne si les circonstances favorables sont là (environnement, éducation, maladie(s), tempérament, surcharge de travail ou de responsabilités, relations sociales ou profesionnelles toxiques, traumatismes, hypersensibilité et j’en passe...) et que deuxièmement, on n’est pas des superhéros ou des surhommes, tout simplement, et ça on l’oublie souvent. En fait, le burn-out arrive souvent aux gens hypersensibles, qui se donnent corps et âme à une cause, qui ont de fortes valeurs humaines et qui croient, peut-être naïvement, à une societe juste et humaine. Le burn-out arrive aussi tout simplement quand on a trop fait, trop donné, trop été présent.e pour les autres mais pas assez pour nous-mêmes.
On s’est un peu (beaucoup) oublié.e ; nos besoins, notre intériorité, nos limites… entre autres. On a justement TROP fait, et voilà pourquoi nous en sommes là. Nous n’avons pas à culpabiliser, au contraire, nos efforts ont été honorables, entre autres. Nous méritons reconnaissance mais cela n’arrive guère car les gens sont trop individualistes et ne voient pas plus loin que leur nombril. Ils ne s’en rendent pas compte à quel point on s’est bougé corps et âme pour une personne, un travail, un projet ou une cause. Cela ne veut pas dire qu’on a mal fait, cela veut surtout dire que notre société moderne est en partie mal faite, hélas…
Prenons donc plutôt ce temps pour se reposer, réellement. Notre corps, notre âme et notre cerveau en ont grandement besoin, là, maintenant.
Nous ne sommes pas responsables du bonheur, de la réussite ou de la santé des autres. On peut les accompagner, les guider, mais ce n’est pas notre job de sauver les autres, d’autant plus quand ils sont eux-mêmes réticents. Il s’agit de vraiment penser à soi, prendre du recul, se créer un cocon protecteur, faire le moins possible pendant quelques temps, voire, si possible, mettre tout en stand-by, pour mieux rebondir après avec du tonus et les batteries rechargées. Nous ne sommes pas des "surhommes" et en se sacrifiant trop pour les autres et aux choses extérieures en général, nous finissons par mourir à l’intérieur, à petit feu, d’où la notion de Burn-out, qui signifie en anglais littéralement brûler de l’intérieur.
Au lieu de se sentir coupable, défaillant(e), “moins que”, incapable etc. nous devrions considérer que nous sommes fort.es, très fort.es même, et que nous l’avons été pour trop longtemps d’ailleurs, et voilà que maintenant on en paie les frais. Mais cet état certes très douloureux ne durerera pas éternellement si nous prenons le temps de véritablement nous reposer et faire la part des choses et d’essayer de comprendre ce qui nous a amenés là. Ce travail introspectif et extrospectif (les causes extérieures) est primordial afin de comprendre et d’avancer, à petits pas, en toute bienveillance et douceur vers un nouvel équilibre.
Pour dépasser cette épreuve et en ressortir plus solide la patience et la bienveillance seront tes meilleurs amis et le fait de croire en toi-même. Prends chaque jour comme il vient, comme un nouveau jour, une nouvelle opportunité, tentative et chance, et ne tombe pas dans le fatalisme, peu importe à quel point tu souffres. D’autres personnes sont passées par là, moi compris, plusieurs fois, alors il n’y a aucune raison pour que tu te sentes seul.e ou "voué.e à l’échec”. Aies confiance, fais-toi confiance et sois indulgent.e et le plus bienveillant.e possible envers toi-même. Tu te releveras, je te le promets.

Phoebe




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