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Pourquoi les émotions "négatives" ne sont pas négatives

  • Photo du rédacteur: Phoebe
    Phoebe
  • 16 févr. 2019
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 août 2025





Dans ce billet de blog, je vous parlerai de l'agilité émotionnelle et des raisons pour lesquelles toutes nos émotions sont importantes, même celles que nous considérons comme "négatives".




Je n'aime pas le terme «négatif» (qui aime ?!) - mais ici, je discuterai spécifiquement de la manière dont nous décrivons, vivons et gérons nos émotions. Les termes "agréable" et "désagréable" me paraissent plus appropriés en matière d’émotions, car chaque émotion a sa raison d’être et nous devrions les reconnaître et les écouter toutes, car elles ont toutes quelque chose à nous dire, même et surtout celles qui engendrent de la souffrance. Les émotions ne sont donc ni positives ni négatives en elles-mêmes, elles sont plutôt agréables ou désagréables.





Tout d’abord, qu'est-ce qu'une émotion au juste ?




Bien qu'il existe plusieurs définitions, de façon vulgarisée et selon Wikipédia une émotion est une "réaction psychologique et physique à une situation (...) qui a d'abord une manifestation interne et génère une réaction extérieure. Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à l'interprétation de la réalité." Wikipédia



Les 6 émotions fondamentales sont : la colère, la peur, la surprise, le dégoût, la joie et la tristesse. Il existe aussi ce qu'on appelle "émotions secondaires", puis les sentiments (qui sont en général de plus faible intensité et de plus longue durée - tel que l'amour).





La roue de Plutchik
La roue de Plutchik




Initialement, les émotions ont été conçues pour nous aider à nous adapter à notre environnement, mais elles jouent également à de nombreux autres objectifs et peuvent nous en dire beaucoup, surtout si nous les examinons plus en profondeur. A titre d'exemple, si nous nous sentons continuellement ou souvent tristes dans une relation, nous serons plus enclins à revoir ou à mettre fin à cette relation, ce qui fait que cette émotion initialement désagréable, comme vous pouvez le constater, avait un objectif et des résultats positifs et sains finalement. Toutes les émotions méritent d'être reconnues (a minima), acceptées et éventuellement comprises. C'est au contraire la façon dont nous gérons nos émotions qui peut compliquer les choses, surtout si nos stratégies d'adaptation ou nos réactions émotionnelles sont disproportionnées ou dysfonctionnelles. Malgré ceci, chaque émotion, pensée, humeur ou sentiment (ils sont tous liés) ont quelque chose, souvent important, à nous dire.




Malheureusement, dans la société occidentale actuelle, succès rime souvent avec "bonheur". En d'autres termes, si vous n'êtes pas heureux tout le temps, vous êtes un échec (si l'on peut dire). Ceci est évidemment tout à fait faux, car si nous étions toujours heureux, nous serions confrontés à un problème grave, car nous, êtres humains, étions conçus pour ressentir tout un éventail d'émotions, ce qui signifie qu'il est totalement naturel et sain de ressentir de la tristesse, du chagrin, de la colère, etc. de temps en temps, selon une situation donnée. Les émotions sont donc toutes "positives" en dépit de leur nature parfois désagréable. C'est quand elles deviennent chroniques ou si elles sont liées à une maladie (dépression par exemple) qu'elles deviennent dysfonctionnelles ou "négatives". Dans les magazines, dans certains livres ou à la télévision, nous voyons ou entendons partout le terme "Bonheur", c'est devenu presque une dictature; comme si nous devrions tous obéir à être heureux ou au moins nous efforcer de l'être continuellement et quoi qu'il arrive, et que si nous ne sommes pas toujours heureux, alors il doit y avoir quelque chose qui ne va pas chez nous.







Quand j'étais au collège, j'étais victime de cette dictature (succès = toujours être heureux, quoi qu'il arrive). Chaque jour, je faisais bonne figure et lorsque mes amis me demandaient comment j'allais je disais "Absolument génial" (avec un grand faux sourire ). Je leur mentais ouvertement mais surtout à moi-même, et chaque jour, je donnais la même réponse - ils devaient penser que j'étais insincère ou que je prenais de la drogue pour être "tout le temps heureuse" !... (ce qui n'était pas le cas - j'essayais juste d'être forte et "heureuse" en toutes circonstances afin de me sentir "normale").




Cela a été fatigant et j'ai senti, au plus profond de moi, que ma tristesse initiale était en train de s’aggraver malgré mes efforts effrénés (que je cachais apparemment si bien). Cela m'a fait me sentir encore plus comme un "échec" et j'ai fini par faire une dépression nerveuse et je ne me suis même pas présentée à mes examens. Les choses ont commencé à bien tourner (enfin mieux) lorsque j'ai commencé à regarder mes émotions en face et que j'ai essayé de les comprendre au lieu de les fuir, de les cacher et de me mentir. Une fois que j’ai commencé à faire cela (cela a pris un certain temps), j’ai enfin connu une "agilité émotionnelle" et quand je ressentais des émotions positives, c’était pour de vrai. Comme ils le disent, sans pluie, les fleurs ne poussent pas et l'herbe ne sera pas verte. Il en va de même pour nos émotions. Nous avons besoin d'elles toutes - elles servent toutes à quelque chose - et sans les émotions désagréables, les agréables ne seraient pas aussi agréables, authentiques et profondes.




Il est naturel de vouloir être heureux, c’est après tout une émotion/un sentiment très agréable (tout autant que la joie, le contentement, la sérénité, etc.) mais vouloir être heureux ou dans un état émotionnel agréable absolument tout le temps et en toutes circonstances est de loin malsain et anormal, alors quoi que vous fassiez, ne cédez pas à la "dictature" du bonheur, car c'est un leurre ! Il n’est tout simplement pas normal ni sain de d’être heureux tout le temps, alors pourquoi ne pas cesser d’y essayer désespérément et accepter enfin toutes vos émotions et les écouter. En les écoutant toutes (et éventuellement en essayant de décoder leur raison d'être), vous vous aiderez réellement à améliorer votre état mental, et ce de façon authentique et durable.









La méditation, par exemple, nous enseigne à nous asseoir avec nos pensées et émotions (autant au sens propre que figuré) et, ce faisant, nous pouvons devenir plus forts, moins réactifs, plus résilients et plus patients, ce qui nous permettra de mieux gérer nos émotions et de ne pas réagir de façon excessive, choses que nous pourrions regretter plus tard. N'oubliez pas : le problème n'est pas l'émotion en soi, mais le problème (potentiel), c'est la façon dont nous gérons nos émotions. Nous devrions donc essayer de ni fuir nos émotions, ni réagir de manière excessive ni être impulsif. Donnez-vous du temps pour reconnaître, accepter, écouter et, avec un peu de chance, comprendre vos émotions. Votre intelligence émotionnelle et agilité émotionnelle se développeront, ce qui augmentera la qualité de votre vie émotionnelle. Cela ne se fait pas du jour au lendemain, mais avec un entraînement régulier - nous sommes nombreux à ne pas être habitués à le faire -, vous obtiendrez sans aucun doute des résultats positifs et visibles.



En outre, il a été prouvé que si nous laissons une émotion complètement "tranquille" (sans la ruminer ou l'exacerber), elle ne dure que 3 secondes environ. Cela semble quelque peu incroyable mais c'est apparemment vrai d'après des études qui ont été faites sur le sujet. En gardant cela à l'esprit, lorsque nous éprouvons une émotion désagréable, nous pouvons essayer de nous rappeler la nature impermanente de la vie en général et nous dire quelque chose comme : "Cela aussi, ça passera" afin de nous rassurer et de diminuer notre souffrance émotionnelle.






Rappelez-vous également que plus vous niez vos émotions, plus vous leur donnez du pouvoir. En acceptant votre vie émotionnelle, vous affirmez votre humanité pleinement. L'acceptation émotionnelle est donc une stratégie bien meilleure que l'évitement.






Bonne chance ! Et si vous avez appris une chose de ce billet, j'espère que ce sera de ne pas chercher à être heureux en toutes circonstances et "à tout prix" - cultiver le bonheur est complètement différent - c'est évidemment un processus positif et constructif - et j'en parlerai dans cet article





Prenez soin de vous et à bientôt !



Phoebe


 
 
 

1 commentaire


Karen Truckle
Karen Truckle
16 févr. 2019

Brilliant, you can now reach a wider audience, we all need meaning in our lives, well done!

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2019 by Phoebe

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